Pour visiter Chinatown à Singapour, puis Little India et Kampong Glam, je fais une seule grande journée : Chinatown le matin, Little India l'après-midi, Kampong Glam le soir, avec le métro entre les quartiers. À l'intérieur de chacun, tout se fait à pied, en levant les yeux vers les façades des shophouses et en s'arrêtant dans les temples.
C'est ma journée préférée à Singapour. Pour d'autres idées, va voir nos destinations ; pour l'itinéraire complet de la ville, lis Singapour en trois jours.
Pourquoi ces trois quartiers
Singapour est une cité-État où vivent ensemble des communautés d'origine chinoise, malaise et indienne. Lors de la fondation de la ville coloniale, chaque communauté a reçu son quartier. Ces trois quartiers historiques en gardent la trace : on passe en quelques stations de métro d'une ambiance à l'autre.
Ce qui m'a frappé la première fois, avec un groupe, c'est la proximité. Tout est là. Un temple bouddhiste, un temple hindou et une mosquée à quelques rues les uns des autres : les temples de Singapour ne sont jamais loin. Chaque lieu a ses règles. On les apprend vite. Les voyageurs pensaient voir des quartiers-musées. Ils ont trouvé des quartiers où l'on vit, prie et mange.
Chinatown, le matin
J'arrive à Chinatown tôt, avant la chaleur et avant les groupes. Le quartier est fait de shophouses, ces maisons basses à arcades, avec la boutique au rez-de-chaussée et le logement au-dessus. Les façades sont peintes de couleurs vives, avec des volets en bois et des décors en stuc.
Le temple de la Relique de la dent de Bouddha est l'édifice le plus visible du quartier. Un grand temple bouddhiste de style chinois, rouge et or, qui abrite une relique présentée comme une dent du Bouddha. On y entre en tenue correcte, épaules et genoux couverts ; des châles sont prêtés à l'entrée. Les étages supérieurs abritent un musée et un jardin sur le toit, selon les jours d'ouverture.
À deux pas, surprise : le temple Sri Mariamman, le plus ancien temple hindou de la ville, avec sa tour d'entrée couverte de divinités sculptées et peintes. On y entre pieds nus. Un temple hindou au milieu de Chinatown, c'est toute l'histoire de Singapour en une rue.
Plus loin, le temple Thian Hock Keng, l'un des plus anciens temples chinois, plus calme, où je restais toujours plus longtemps que prévu. Le Chinatown Heritage Centre, quand il est ouvert, raconte la vie dans les shophouses d'autrefois ; je vérifie avant d'y emmener quelqu'un.
Les façades racontent aussi l'histoire du quartier. Les shophouses les plus anciennes sont basses et sobres ; les plus récentes, du début du siècle dernier, se couvrent de décors, de carreaux de céramique, de colonnes. Je montrais aux groupes comment dater une rue rien qu'en levant les yeux. Ça marchait à chaque fois. Les panneaux en anglais, « Singapore Chinatown » en tête, aident aussi à se repérer.
Un lieu à part, enfin : le marché couvert du quartier, au rez-de-chaussée d'un grand immeuble, avec ses étals de poissons et de légumes. Peu de touristes y entrent. Moi, j'y passe toujours.
Manger à Chinatown : les hawker centres
Le déjeuner, je le prends dans un hawker centre du quartier, une halle de stands de street food. C'est là qu'on goûte la cuisine chinoise de Singapour : riz au poulet, nouilles, raviolis, soupes. On commande à un stand, on s'assoit à une table commune, on mange vite et bien.
Je choisis toujours le stand où la file d'habitants est la plus longue, à l'heure où les employés des bureaux voisins déjeunent. L'attente fait partie du repas. Les hawker centres ferment certains jours pour nettoyage, et chaque stand a ses propres horaires.
Autour, des restaurants plus touristiques et des boutiques de souvenirs. L'ambiance est très animée, parfois trop. Je préfère les rues un peu à l'écart, où les vieilles boutiques de médecine chinoise et de thé résistent encore.
Little India, l'après-midi
Après le déjeuner, je prends le métro pour Little India. Le changement est immédiat : guirlandes de fleurs fraîches, odeur d'épices et d'encens, musique, boutiques de saris et de bijoux, épiceries débordantes.
Le temple Sri Veeramakaliamman, dédié à la déesse Kali, est le cœur religieux du quartier. Là encore, on entre pieds nus, en tenue correcte. Je m'assois un moment sur le côté pour regarder les fidèles, sans photographier les gens qui prient.
Little India est plus vivant en fin de journée et le dimanche, quand les habitants y font leurs courses. À l'automne, pendant Deepavali, la fête des lumières, les rues sont illuminées. Les dates changent chaque année ; elles sont annoncées sur le site officiel de l'office de tourisme, visitsingapore.com.
Pour manger, les restaurants du quartier servent des thalis et des plats du sud de l'Inde sur des feuilles de bananier. C'est le repas dont mes voyageurs parlaient le plus.
Kampong Glam, le soir
En fin d'après-midi, je rejoins Kampong Glam, l'ancien quartier malais et arabe. Il s'organise autour de la mosquée du Sultan et de sa grande coupole dorée. La mosquée se visite en dehors des heures de prière, en tenue couvrante ; des robes sont prêtées à l'entrée.
Autour, les rues piétonnes, les restaurants de cuisine malaise, moyen-orientale et turque, les boutiques de tissus et de tapis. Haji Lane, une ruelle étroite, est couverte de street art et de petites boutiques indépendantes. Le soir, quand les lanternes s'allument et que les terrasses se remplissent, l'ambiance est la plus agréable de la journée.
C'est à Kampong Glam que j'ai fait mon meilleur dîner à Singapour, dans une petite salle sans climatisation, avec un ventilateur au plafond. Je ne donne pas l'adresse : elle a changé de nom depuis.
La journée, en un coup d'œil
| Moment | Quartier | Ce que je fais |
|---|---|---|
| Matin | Chinatown | temples, shophouses, hawker centre au déjeuner |
| Après-midi | Little India | temple Sri Veeramakaliamman, épiceries, boutiques |
| Soir | Kampong Glam | mosquée du Sultan, Haji Lane, dîner |
Entre deux quartiers, le métro. On peut finir la soirée en redescendant vers Marina Bay, pour le spectacle de lumière de la baie, à quelques stations.
Ce que je referais autrement
Avec mon premier groupe, j'ai fait Little India en plein midi, après Chinatown. Rues vides, chaleur écrasante, boutiques à moitié fermées : les voyageurs n'ont pas vu le quartier. Aujourd'hui, je garde toujours Little India pour la fin de journée, et je déjeune à Chinatown à l'ombre d'un hawker centre.
Je prendrais aussi plus de temps dans chaque temple, assis, à regarder. Les quartiers de Singapour se vivent lentement. Pour la suite, notre article sur Singapour côté culture parle des hawker centres et des maisons peranakan, et celui sur les jardins de la baie raconte la soirée à Gardens by the Bay.
Les questions qu'on nous pose
Que voir à Chinatown à Singapour ?
Le temple de la Relique de la dent de Bouddha, le temple hindou Sri Mariamman, les rues de shophouses, et les hawker centres pour manger. Le Chinatown Heritage Centre raconte l'histoire du quartier, quand il est ouvert.
Comment aller de Chinatown à Little India ?
En métro, en quelques stations, ou en taxi. À pied, c'est possible mais long dans la chaleur : je garde la marche pour l'intérieur de chaque quartier.
Quel est le meilleur moment pour visiter Little India ?
En fin d'après-midi et le soir, quand les boutiques et les restaurants s'animent. Le dimanche, le quartier est très fréquenté par les habitants, ce qui le rend encore plus vivant.



